Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Conseil Régional : débat sur la prochaine consultation citoyenne des Lorrains au sujet de la gare de Vandières

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Comment expliquer que nous nous querellions aujourd’hui sur un dossier sur lequel une grande majorité des Lorrains est d’accord depuis 20 ans ? La gare de Vandières faisait déjà partie du débat des législatives de 1993. Quand j’affrontais Patrick François, candidat RPR, à Vandières même, je plaidais déjà pour une interconnexion entre le TGV et le TER.

L’histoire est bien connue… Jusqu’en 1996 la SNCF expliquait que c’était techniquement impossible de construire cette gare dans la vallée de la Moselle, avant de se raviser plus tard. Louis Gallois, PDG en 2000 déclarait que « c’était une occasion à ne pas manquer ». Un protocole additionnel en faveur de Vandières a été signé unanimement entre le ministre Gayssot, le Président de RFF, le Président du Conseil Régional de Lorraine, Gérard Longuet, et les 4 Présidents de Conseil Généraux, Michel Dinet, Philippe Leroy, Christian Poncelet, Remy Hermant. Le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) de décembre 2003 a d’ailleurs déclaré que Vandières serait « l’unique site d’implantation ». Nous sommes aujourd’hui en 2014 près de 20 ans plus tard dans l’impasse, parce que certains ont volontairement joué « la politique de l’édredon », laissant le dossier filer. Nathalie Kosciuzko-Morizet, alors ministre de l’écologie du gouvernement Fillon, reconnaissait pourtant en mars 2011 l’utilité publique de ce projet. La Cour des Comptes excluait que des gares TGV puissent être construites « en rase campagne sans interconnexion avec les TER ».

Ainsi, cette consultation populaire, désormais permise par la constitution, est une piqûre de rappel aux Lorrains pour qu’ils prennent leurs responsabilités dans un dossier qui concerne leur avenir. Les résultats de ce référendum ne seront pas neutres, car consulter c’est peser sur les futures décisions.

Alors pourquoi plaider en faveur de la gare de Vandières ? Pour plusieurs raisons :

– Vandières c’est l’avenir, car c’est la solution écologique. 4.000 tonnes d’émissions de CO2 évitées grâce au transport par rail en Lorraine chaque année. Tous les écologistes devraient plébisciter ce projet.

– Vandières c’est l’avenir car le financement est assuré. La loi de finances de 2010 a permis aux Conseils Régionaux de moduler le taux de prélèvement sur la TICPE afin de financer des infrastructures de transport durable. Nous avons fait le choix de reverser cette taxe pour la gare de Vandières, elle ne peut être versée que pour cette infrastructure. Nous avons d’ailleurs obtenu de Bruxelles l’autorisation de poursuivre ce dispositif sur les 6 prochaines années. Ce financement est donc assuré et concerne aussi bien les voitures ou camions étrangers qui se ravitaillent.

– Vandières c’est l’avenir pour des raisons économiques. Cette gare TGV est majeure dans l’axe structurant dans la nouvelle région Grand Est qui regroupe l’Alsace, la Lorraine et Champagnes Ardennes, maillée par 3 Gares sur le parcours, Champagne TGV, Meuse TGV et Vandières. C’est aussi, dans un moment difficile pour nos entreprises, une chance d’engager 120 millions d’euros de travaux financés qui créeront de la richesse et maintiendront des emplois en Lorraine.

– Mais l’argument principal est que Vandières c’est l’avenir pour des raisons d’aménagement du territoire. Sans Vandières, la Lorraine Sud, et Nancy en particulier, devient un cul de sac, certes relié à Paris mais mal relié aux Métropoles Françaises ou Européennes. La gare de Vandières a exclusivement comme intérêt de permettre à toutes les villes lorraines de rejoindre des grandes villes françaises ou des Métropoles Européennes. Sans la construction d’une gare à Vandières, Nancy, Pont-à-Mousson, Lunéville, Épinal, St-Dié seront vouées à jouer les seconds rôles. Le TGV est un également un argument de développement économique… Soutenir Vandières c’est renforcer le positionnement de la Lorraine dans la future région de l’Est de la France et dans la grande région européenne.

Alors ce référendum place les Lorrains devant leurs responsabilités. Les financements sont assurés, les raisons, écologiques, économiques et d’aménagement du territoire s’imposent, les engagements pris doivent être respectés, les élus doivent tenir parole. En votant, les citoyens doivent le leur rappeler !

Jean-Yves Le Déaut.

JYLD - CRL-BR

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