Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Interventions en séance plénière à l’Assemblée

Le par

Je suis intervenu aujourd’hui en séance plénière à l’Assemblée Nationale dans le cadre des discussions sur deux propositions de lois : la première concerne l’encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national et la seconde s’intéresse à l’exposition aux ondes électromagnétiques.

– En ce qui concerne l’utilisation des produits phytosanitaires, j’ai rappelé que, dans mon rapport de 2009 intitulé « Les impacts de l’utilisation de la Chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d’évolution » (qui mettait en évidence le problème sanitaire à l’échelle mondiale que représente la chlordécone), une recommandation de l’OPECST soulignait la nécessité de conduire des études sur le sujet de l’impact des produits phytosanitaires, en particulier sur la santé des enfants. J’ai également souligné que pendant trop longtemps, le recours aux pesticides a été massif, mal encadré, mené de façon trop peu précautionneuse, et excessif, de la part des agriculteurs, des collectivités territoriales ou des particuliers. L’OPECST insiste sur la nécessité de former des professionnels qui utilisent des produits phytosanitaires, notamment sur les risques sanitaires et environnementaux sur les techniques de prévention des contaminations, sur la stratégie d’utilisation des pesticides, uniquement quand ceux-ci apportent un bénéfice, en réduisant le plus possible les doses d’emploi. Même si l’utilisation des pesticides s’est réduite, certains d’entre eux vont perdurer des dizaines d’années dans notre environnement. Il faut prendre à bras-le-corps ce problème, les détruire ou les réduire. La recherche environnementale n’est pas suffisamment soutenue en France. À mon sens, il faut notamment aller plus loin, accentuer et promouvoir les recherches sur la mise au point de méthodes de détection et d’analyse plus rapides et moins coûteuses des phytosanitaires. J’ai aussi rappelé que nous disposions, en Lorraine, de la plus importante plateforme européenne sur l’étude des comportements des polluants industriels dans les sols. Plusieurs études de recherche sont regroupées dans le Groupement d’intérêt scientifique sur les friches industrielles (GISFI) à l’Université de Lorraine. Les connaissances acquises pourraient être transposées aux cas spécifiques des phytosanitaires persistant dans les sols ou dans l’eau. Il est possible de réduire fortement l’usage des pesticides voire dans certains cas de s’en passer totalement. Les mesures contenues dans cette proposition de loi vont dans le bon sens.

– Sur le sujet des ondes électromagnétiques, j’ai précisé que les questions scientifiques et techniques ont de plus en plus d’incidences politiques et sociétales et qu’il est important que le Parlement en débatte. Le texte que nous avons examiné confirme la nécessité de s’appuyer sur les travaux de l’expertise scientifique. Quel est l’état de la science sur les ondes ? Il est diamétralement opposé à ce qu’écrit aujourd’hui un grand journal du matin, alimentant malheureusement encore plus l’inquiétude et les peurs. L’ensemble des rapports d’expertise collective internationaux fondés sur des milliers d’études conclut qu’il n’y a pas de risque avéré des radiofréquences en dessous des limites réglementaires. Le seul effet connu est l’échauffement par absorption, et des marges de sécurité très importantes sur les seuils ont été prises, ce qui conduit à dire qu’il n’est pas nécessaire de changer les limites réglementaires. Enfin, en ce qui concerne l’électrohypersensibilité, aucune étude n’a encore identifié un système sensoriel humain capable de percevoir les champs électromagnétiques. Et si pourtant, les troubles sont bien réels, peuvent s’aggraver et constituent un handicap, malheureusement aucune nouvelle législation ne permettra de les traiter. Ainsi, accréditer des risques purement hypothétiques ne peut qu’affaiblir les campagnes contre les risques avérés, discréditer la démarche scientifique, encourager la défiance, provoquer plus de confusion, de rumeurs et d’inquiétude. À ce propos, il est essentiel d’avoir présent à l’esprit le propos de Bertrand Russell : « La science n’a jamais tout à fait raison ; mais elle a rarement tout à fait tort et, en général, elle a plus de chance d’avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l’accepter à titre d’hypothèse ».

Jean-Yves Le Déaut.

1496935_261861787306085_1626337887_n

Sur le même thème, lire aussi :

Interviewé ce matin sur France Bleu Sud Lorraine, j’ai dit ma tristesse, car c'était un ami et un compagnon de route depuis la création des clubs "Témoin" et "Démocratie 2000",
Le par
Retrouvez ci-dessous l'intégralité du texte de la Question Orale Sans Débat (QOSD) que j'ai posée, ce matin, à Alain Vidalies, secrétaire d'État, chargé des transports, de la mer
Le par

Les derniers contenus multimédias