Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Café de l’architecture à Pont-à-Mousson

Le par

Le but de l’un des syndicats d’architecture était de parler et de faire parler d’architecture. Pari réussi même si les échanges verbaux ont été animés… Les uns accusant les autres d’avoir une vision surannée de l’architecture ou encore de ne pas avoir défendu la profession.

J’avais préparé mon intervention sur le thème de l’architecture et transition énergétique mais bien d’autres thèmes ont également enrichi le débat.

Voici quelques extraits de mon propos :

– Le bâtiment, avec 44,5% en 2012, est en effet le premier poste de consommation d’énergie finale devant le transport avec 32% et l’industrie avec 20%. Les bâtiments neufs ne représentent que 1% du renouvellement du parc, il faut donc mettre l’accent à la fois sur le neuf et les rénovations de bâtiments anciens. La rénovation totale de 500.000 bâtiments coûterait au moins 20 milliards d’euros par an. Quand on pense que la rénovation d’un bâtiment coûte, selon des estimations assez convergentes, 30 à 50 mille euros, on conçoit que pour un parc de 30 millions de bâtiments, l’effort soit colossal.

– La loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture établit au bénéfice des architectes un monopole de la conception architecturale des ouvrages soumis à permis de construire. L’architecte engage sa responsabilité professionnelle sur le projet qu’il a conçu. Il répond des désordres matériels liés à un défaut de conception. Lorsqu’il établit le projet qui fait l’objet de la demande de permis de construire, l’architecte s’engage également à respecter les règles de la construction. Le maître d’ouvrage peut choisir une autre personne pour diriger ensuite les travaux. Mais, en ce cas, l’architecte doit vérifier la conformité des ouvrages au projet architectural.

– Comme je l’ai écrit dans la loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche, l’architecture doit être une formation reconnue dans les universités.

– On ne peut concevoir l’architecture aujourd’hui sans l’intégrer dans le développement durable et la politique de la ville dont elle est l’un des moteurs. Au total, il paraît évident que l’implication intense des architectes constituerait plutôt un atout pour la réussite du déploiement de la construction à basse consommation. En particulier pour la rénovation, où il est souvent incontournable d’effectuer les opérations par étape, pour étaler la charge financière. Seul un professionnel comme l’architecte, dès lors qu’il est bien formé aux problématiques des économies d’énergie, peut avoir la vision globale nécessaire pour optimiser ce genre de stratégie. Il faut également mieux repenser la chaîne qui lie le maître d’œuvre, l’architecte et l’entreprise de BTP.
Je pense que nous sommes à la croisée des chemins. Les architectes doivent demander l’abrogation de la loi des 1977 notamment en terme de conseil au particulier et de certification des bâtiments à haute performance énergétique. Ils doivent aussi s’adapter à l’une des évolutions émergente : celle de l’industrialisation de la construction du bâtiment. On voit de plus en plus l’apparition de maquettes numériques qui intègrent les fabricants de composants et les systèmes. Mais cette industrialisation va essentiellement reposer sur l’articulation des spécialités.

Pour cela, l’architecture doit être mieux défendue. Elle le sera si l’on arrive à sortir du périmètre professionnel et technique où elle encore contenue.

Jean-Yves Le Déaut.

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