Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Visite du centre d’études de l’énergie nucléaire belge à Mol

Le par

Le laboratoire de Mol travaille depuis cinquante ans sur les réacteurs nucléaires de recherche. C’est un des premiers au monde à avoir mis au point un réacteur nucléaire sous-critique (MIRRAH). Dans un réacteur sous-critique, il n’y a pas assez de matière fissile pour entretenir la réaction nucléaire en chaîne. L’accélérateur est la source externe de neutrons. Si on coupe l’alimentation en neutrons en arrêtant l’accélérateur, la réaction est immédiatement stoppée. C’est une des voies sur lesquelles nous devons travailler, car les procédés sont sûrs et faciles à contrôler. Cette voie pourrait une opportunité en complément des filières de séparation développées à la Hague par Areva. Les quantités de déchets sont réduites d’un facteur 100 et la durée de la radio-toxicité d’un facteur 1000. C’est notamment vrai pour les déchets les plus toxiques, le neptunium, l’américium, le curium…

Ce laboratoire a l’avantage d’être également un des premiers centres européens de recherche sur l’enfouissement géologique des déchets nucléaires, plus de dix ans avant Bure. Le laboratoire est situé dans une galerie creusée dans de l’argile de Boom à 230 mètres de profondeur. Les chercheurs du SCK.CEN ont montré que la migration des radionucléides se faisaient à 2X10-12 m/s, ce qui signifie qu’il faudra quatre millions d’années pour qu’ils émergent éventuellement à la surface. Le but est donc qu’ils perdent leur radioactivité pendant ce temps. À titre de comparaison, le début de la civilisation Égyptienne date de 10.000 ans, la formation des argiles de Boom, de 30 millions d’années, celle des argiles de Bure (Callovo-Oxfordien), de 160 millions d’années. Et ces argiles sont stables depuis.

Ces chiffres doivent nous faire réfléchir car le problème du traitement et/ou du stockage des déchets nucléaires n’est pas de même nature que la destruction progressive de notre planète par l’activité humaine. Dans un cas il y a des solutions techniques, dans l’autre on ne peut qu’espérer. Qui peut dire que l’espèce humaine sera encore présente dans 10.000 ans ? Personne. Le problème du réchauffement climatique est en revanche d’une urgence extrême et quand on voit le nombre de centrales à charbon qui continuent à se construire, y compris chez nos voisins allemands, on a un peu l’impression que les dirigeants lustrent les cuivres quand la planète coule.

Jean-Yves Le Déaut.

On reconnaît Franck De Coninck, Président du SCK.CEN ; Eric Van Walle, Directeur Général du SCK.CEN ; Jean-Yves Le Déaut, Député et 1er Vice-Président de l’OPECST et Bruno Sido, Sénateur et Président de l’OPECST (photo 1) ; Vue des galeries souterraines de Mol (photo 2) ; Dans la galerie de Praclay, une expérience de chauffage sur plusieurs dizaines d’années pour vérifier le comportement de l’argile (photo 3).

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