Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Mélenchon : « Je danse sur une corniche »

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Jean-Luc Mélenchon m’a dit un jour, alors que ses liens se distendaient avec le PS : « Je danse sur une corniche à 10 m de haut. Un faux pas, et c’est la chute« . Cette phrase reste d’actualité, le jour même où, sous couvert de lutte contre l’austérité, il disjoncte en qualifiant les responsables politiques de « pourris« , en réclamant un coup de balai pour tous (sauf pour lui), en affirmant, de manière démagogique, que « l’Elysée était le pourvoyeur de l’extrême droite« .

Il y a une forme d’indécence à vouloir prouver sa force le jour même de l’anniversaire de l’élection de François Hollande. Cela signifie que pour lui tout est tactique et cela prouve malheureusement que ce n’est pas l’intérêt du pays qui est déterminant dans sa réflexion. Les idées du front de gauche sont respectables, elles correspondent à environ 10% du corps électoral, peut-être plus, il faut en tenir compte, mais en sachant que le vote social-démocrate n’est lui-même pas majoritaire en France. Dans ces conditions, pourquoi Mélenchon s’obstine-t-il à faire du PS son pire ennemi ?

Car François Hollande n’est pas le responsable de la crise qui dure depuis 2008, de la montée du chômage que Nicolas Sarkozy n’avait su contenir, de la dette qui a explosé. Notre Président a par contre le devoir d’expliquer le cap qu’il a pris, de prouver que des sacrifices seront nécessaires, que les efforts seront équitablement répartis. Les Français peuvent tout comprendre, ce qu’ils refusent d’admettre c’est l’injustice. Dans une économie mondialisée, nous avons besoin de plus d’Europe, mais aussi de mieux d’Europe. C’est ce qui permettra à l’économie de redémarrer, au pouvoir d’achat de s’améliorer. Même si danser sur une corniche est un exploit, ce n’est ni d’un danseur mondain, ni d’un bateleur populiste dont nous avons besoin, mais de plus d’unité pour sortir le pays de la crise.

Jean-Yves Le Déaut.

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