Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Laurent Fabius aborde la question de la langue d’enseignement pour les étudiants étrangers dans les établissements en France

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Lors de ma rencontre du 29 avril avec Laurent Fabius, en compagnie de Françoise Barré-Sinoussi, Directrice de Recherche à l’Institut Pasteur et prix Nobel de médecine, et Vincent Berger, Président de l’Université Paris-Diderot (Paris VII), nous avons abordé la question de la place du Français dans l’enseignement pour les étudiants étrangers.

La meilleure manière de rendre notre pays plus attractif est d’améliorer l’accueil des étudiants non-francophones. La France a attiré, ces dernières années, 270.000 étudiants étrangers par an, soit 7% du total des étudiants qui quittent leur pays pour étudier. C’est la quatrième destination au monde, loin derrière les États-Unis (17%) et la Grande-Bretagne (11%). Mais ce « franco-tropisme » est en train de s’effriter, notamment pour l’Afrique et le Moyen-Orient. En contrepartie, 55.000 étudiants français sont partis à l’étranger en 2010. Ce sont, cette même année, 560.000 chinois qui sont partis étudier à l’étranger, dont seulement 24.000 en France. Notre influence économique, politique et sociale de demain dépendra de notre capacité à accueillir aujourd’hui plus d’étudiants étrangers. Il faut notamment donner la possibilité à ces étudiants étrangers de s’adapter en dispensant une partie des enseignements dans leur langue ou en anglais, tout en leur permettant d’apprendre le Français et de s’immerger dans la culture française.

Ceux qui prétendent que le projet de loi Fioraso abroge la loi Toubon n’ont sans doute pas lu le texte. La loi actuelle dit déjà que l’Enseignement Supérieur est dispensé en Français sauf exceptions (enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères, enseignement par des professeurs ou invités étrangers, enseignement à caractère international). Le texte propose d’étendre ces exceptions en cas d’accords avec une institution nationale ou étrangère ou dans le cadre de programme bénéficiant de financements européens. Dans ce cas, un amendement propose que les étudiants suivent des cours de Français et qu’ils seront validés dans le diplôme.
7% d’étudiants étrangers dans nos universités, c’est trop peu ! Ce texte devrait permettre de renforcer la francophonie et d’améliorer les liens entre étudiants originaires de l’Afrique francophone et anglophone. Cédric Villani (médaille Fields) a, dans un courriel dont il m’a fait copie, très bien résumé la situation : « j’ai appris l’italien lors d’un séjour à Pavi quand j’étais thésard. Heureusement que les exposés étaient en Anglais sinon je n’y serai jamais allé »… Et Cédric Villani n’aurait jamais appris l’Italien. Le vrai problème de la France, c’est que les lycéens devraient mieux s’exprimer en Anglais après 7 ans de cours dans le secondaire.

Jean-Yves Le Déaut.

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