Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Jean-Yves Le Déaut soutient la filière chimie en Lorraine

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Je me suis rendu, le 05 avril, à Novacarb pour aborder les questions relatives à la chimie des carbonates. J’ai rencontré à la fois Gilles Schaff, Président de l’UIC Est, Patrice Lettermann, Délégué Général, et Gabrielle Kakeldey, Adjointe au Délégué Général, puis Pascal Bandelier, Directeur de Novacarb, Dominique Jacob, Directeur Technique, et François Borca, Directeur Général.

La chimie, c’est plus de 5.000 salariés directs en Lorraine. La Région Lorraine fait tout pour maintenir ce potentiel industriel. La chimie du carbonate est importante puisque les deux sociétés Solvay et Novacarb emploient plus de 700 personnes. Le carbonate de sodium, qui est fabriqué à partir de l’extraction du calcaire, est utilisé dans la fabrication du verre et la détergence. Novacarb fabrique actuellement 110.000 tonnes de bicarbonate de sodium. Les marchés principaux sont la santé humaine (dialyse), la nutrition animale ou l’agro-alimentaire. C’est également du bicarbonate qui permet le traitement des fumées acides dans les incinérateurs. La question des rejets de chlorure dans la Moselle est une des problématiques et le schéma d’aménagement et de gestion des eaux a demandé l’étude de la construction d’un calcoduc qui permettrait le rejet directement dans le Rhin alors que ces rejets se font aujourd’hui via la Moselle (qui se jette dans le Rhin).

La production du carbonate est concurrencée par de l’extraction à partir de dépôts naturels aux USA mais aussi en Turquie. Les plus grosses contraintes pour les industriels aujourd’hui sont liées à l’inflation réglementaire continue sur cette filières transpositions plus drastiques en France. Novacarb investit chaque année près de 10 millions d’euros dont 75% sont destinés au respect des nouvelles normes.

Quelques exemples l’illustrent :

– Novacarb avait construit avec Dalkia un système de co-génération industrielle en 1999. Celle-ci s’est arrêtée en 2011 alors que Novacarb l’avait acquise car le prix de rachat de l’électricité produite n’est plus aidé. La conclusion est qu’il y a plus d’oxyde de souffre et plus de CO2 rejetés dans l’atmosphère. Il faut aussi maintenir cette centrale sous cocon (cela coûte cher) et 7 emploi sont perdus.

– Le système de quotas CO2 aboutit à une véritable distorsion de concurrence car, pour les entreprises qui sont alimentées au charbon, ce qui est le cas des sites français et allemand, comme Novacarb. De plus, elle ne peut plus utiliser sa cogénération au gaz, et est pénalisée de 1 à 4 millions d’euros par an par le système des quotas. Par exemple, les soudières à l’Est de l’Europe ne paient pas de CO2 pour la production d’électricité contrairement à la France.

– Il faudrait construire une centrale cogénération biomasse sur le site. Bien que Novacarb et Powéo aient été sélectionnés, les banques refusent de garantir le projet car elles n’ont pas l’assurance que Novacarb soit en activité pendant de plus de 25 ans. L’État devrait à mon sens garantir le projet : une bonne politique industrielle serait de soutenir effectivement cet investissement et de le financer (65 millions d’euros).

– Le traitement des poussières d’oxyde d’azote et d’oxyde de souffre illustre les contraintes réglementaires non-homogènes en Europe. La mise en conformité pour ces produits impliquera un coût réel pour l’entreprise de près de 30 millions d’euros sur 10 ans car en comptant les investissements qui ne se feront pas, comme celui de la centrale biomasse (3e exemple). En effet, les investissements annuels serviront à payer ces nouvelles normes et ne seront pas investis dans la centrale biomasse. L’usine de Solvay a deux unités de traitement séparées avec une cheminée unique. Selon que l’on applique la réglementation sur deux groupes de trois chaudières ou un seul groupe de six chaudières, les différences financières sont énormes. J’ai d’ailleurs saisi la ministre de l’environnement à ce sujet.

Il faut bien sûr concilier écologie et économie. Mais, on joue avec le feu (et les emplois) quand on détruit pour des raisons normatives des unités de production industrielles, surtout si on ne favorise pas des solutions qui permettent à notre industrie nationale de rester productive.

Jean-Yves Le Déaut.

Sur les photos, vous reconnaîtrez : Dominique Jacob, Directeur Technique, et François Borca, Directeur Général de Novacarb, Jean-Yves Le Déaut, Député de Meurthe-et-Moselle, et Pascal Bandelier, Directeur de Novacarb.

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