Jean-Yves LE DÉAUT - Député de Meurthe-et-Moselle

Refonder les relations entre la France et l’Allemagne

Le par

Le Traité de l’Elysée a 50 ans… C’est un bel âge, celui où un couple a acquis de l’expérience. Le bilan est inestimable. La réconciliation franco-allemande a instauré la paix en Europe et des coopérations privilégiées entre nos deux peuples (dont le plus bel exemple est la réussite d’Airbus). Mais cette coopération ne marque-t-elle pas le pas ? Certes la monnaie unique, l’euro, est importante mais nos pays restent encore trop divisés dans leurs projets d’avenir et dans leurs aspirations sociales. L’apprentissage de l’allemand en France a régressé et il en est de même du français en Allemagne. Demain le meilleur vecteur entre nos deux peuples sera sans doutes l’anglais. Nos modèles économiques et sociaux diffèrent, la politique énergétique en est l’illustration. L’industrie française aurait sans doute pu mieux s’inspirer de ce qui a fait le succès de l’Allemagne. On a un peu l’impression que, passée l’euphorie de la réconciliation, à la division de la guerre a succédé une sorte d’incompréhension dans la paix.

Angela Merkel souhaite une politique de sécurité commune mais sans avancer sur une politique de défense commune. Le Mali illustre ce positionnement ambigu. Peut-on lutter efficacement contre le terrorisme en agissant pas militairement alors qu’un pays d’Afrique voisin risque de passer sous le contrôle des intégristes terroristes. Ce flou stratégique hérité de la culture allemande (qui a été traumatisé par les conflits mondiaux du XXe siècle) est illustré par les propos d’Angela Merkel, hier à Berlin, qui rappellent que la construction de l’Allemagne est fondée sur un trépied : le pied franco-allemand, le pied européen et le pied américain. On ne peut laisser notre sécurité dépendre des seuls Etats-Unis. C’est précisément cette politique du trépied qui a freiné la construction européenne et qui fait que nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins.

Notre couple a 50 ans, mais arriverons-nous à bien vieillir ensemble ? Oui, si nous intégrons mieux nos systèmes économiques, sociaux et universitaires. Non, si nous nous limitons notre coopération a des jumelages et a des coopérations mineures. L’Allemagne et la France doivent être plus ambitieuses et partisanes de la refondation de l’Europe… Il faut aller vers plus de fédéralisme même si cela doit nous conduire à nous recentrer sur un noyau dur de pays ayant envie d’approfondir et de mettre en commun des politiques partagées.

Jean-Yves Le Déaut.

Sur le même thème, lire aussi :

Interviewé ce matin sur France Bleu Sud Lorraine, j’ai dit ma tristesse, car c'était un ami et un compagnon de route depuis la création des clubs "Témoin" et "Démocratie 2000",
Le par
Retrouvez ci-dessous l'intégralité du texte de la Question Orale Sans Débat (QOSD) que j'ai posée, ce matin, à Alain Vidalies, secrétaire d'État, chargé des transports, de la mer
Le par

Les derniers contenus multimédias